Le Village du Monal

Le Village du Monal, classé Monument Historique

En partant à pied de la station par un sentier forestier, vous pourrez atteindre sans difficulté le Site Classé du Village du Monal. Ce hameau est composé de chalets montagnards, qui ont conservé toute leur authenticité des XVIIIème et XIXème siècles. L’environnement naturel de pierre et de bois se retrouve entièrement dans le mode de construction. L’eau est aussi richement présente dans les gouilles et ruisseaux serpentant entre les maisons du Village du Monal.

Pour mieux apprécier votre promenade, laissez vos voitures aux parkings et tenez vos chiens en laisse.
Le village du Monal est un site protégé. Il convient donc de respecter l’environnement naturel et humain pour votre plaisir et celui des générations futures.

En raison de son grand intérêt architectural, historique et paysager, le village du Monal est un site classé au titre de la loi du 2 mai 1930. Il occupe une position privilégiée en balcon face au massif du Mont Pourri et encadré par la forêt de mélèzes au débouché du Vallon du Clou. Le village du Monal accueille trois groupes de chalets et trois étangs. L’organisation paysagère des composantes minérales, végétales et architecturales en fait un site de grande qualité.

La plupart des constructions du village du Monal datent de la fin du XVIIIème et du XIXème siècles. Elles s’organisent en trois groupements autour de la chapelle Saint Clair, des chemins et des ruisseaux. On peut encore y voir des anciennes caves à lait, constructions de pierre, à cheval sur le ruisseau, qui permettaient à l’époque de réfrigérer et conserver le lait.
Au cours du XXème siècle, la dépopulation de la Haute Tarentaise a entraîné l’abandon progressif des chalets du village du Monal. L’ensemble appelait préservation et restauration.

Le classement du site s’est accompagné d’un cahier de prescriptions et de recommandations architecturales et paysagères afin que la restauration se fasse de manière cohérente et dans le respect des traditions locales.
“LE MONAL” est toujours un toponyme non élucidé à ce jour, malgré les écrits mnémoniques. Ce mystère s’accentue d’ailleurs autour de l’origine de la nomination du Village du Monal, un peu plus par l’impression mystique, qui se dégage de ces lieux intemporels. (Visitez-le en automne !).

“Monos”, “Monial”… L’hypothétique nom de lieu scelle son histoire derrière chaque vestige monacal. Bénédictins, Cisterciens, Templiers, moines blancs de Saint-Bernard : des centaines de croyances religieuses formaient alors la Savoie du XIV siècle. Sous l’impulsion monastique, on écartait les terres pour accroître les alpages, et faire face aux démographies galopantes. Ce défrichement, déjà entrepris en période préceltique par les premiers habitants des Alpes, Les Ceutrons, a été laissé en suspens. Il faut imaginer, il y a presque 500 ans, ces contrées hostiles : accessibilité uniquement estivale par sentier muletier, peu évidente, (pas de réseau routier, animaux sauvages, brigands), dureté du climat, etc … Par conséquent, selon les époques et les aléas (poussées démographiques, famines, invasions, épidémies…), l’homme, en proie au doute, édifiait, en cas de salut, une chapelle, un oratoire, un culte.

Architecture et habitat du Village du Monal

Tous les matériaux servant à la construction des habitats du Village du Monal étaient pris sur place : le mélèze (bois dur et imputrescible) pour la menuiserie et la charpente, les pierres (quartzites, gneiss) pour les murs, la lauze (schiste) pour la couverture, la chaux grasse de gypse pour le crépi (fours). Généralement, la façade principale était orientée plein Sud, (chaleur et clarté), et au Nord, ou en amont, les granges.

Le rez-de-chaussée des habitats du Village du Monal était destiné aux animaux. À l’étage se trouvait une pièce habitable séparée avec la grange, où l’on stockait bois, foin, outils. Juste sous la toiture (“Tavaillon”) séchaient le foin vert, peaux etc.. Comme beaucoup de chalets de remue, chaque famille du village du Monal disposait d’une “Bouida”, une cave en patois. Cet igloo en pierre était traversé par l’eau, assurant ainsi une réfrigération et une conservation idéale des produits laitiers (beaufort, tomme, sérac, persillé, lait, beurre, présure etc..). Ces petits canaux ( “Rivettes”), entre les lacs (“Gouilles”) proviennent de la résurgence de lacs glaciaires situés en amont dans le vallon du Clou. Ils sont encore aidés par l’homme à l’automne, qui pioche les bords avec une “ Sappa” afin que l’eau ne stagne pas dans le site et donc dans les écuries des habitations du village du Monal. Ce geste séculaire permet aussi d’éviter un probable comblement des « lacs de pelouse ». En été, l’eau peut atteindre les 12°c.

Hommes et troupeaux du village du Monal inalpaient aux environs de la St-Jean, jusqu’à la St-Michel. Ils vivaient également de cultures céréalières. Froment, seigle, poussaient rapidement grâce à un climat chaud et sec l’été (trace d’orge à l’Echaillon fin XIX ). La pomme de terre, apparue dans la moitié du XVIII siècle, selon la mappe Sarde, deviendra l’aliment de base. La fenaison était engrangée en partie sous les toits et redescendu en charrette sur Ste-Foy, avec d’autres récoltes, en vue de l’hiver et ses longues veillées. On laissait le minimum, à cause du gel, et de l’eau qui circule sous les maisons (système de drains), pouvant engendrer une putrescence des aliments. En période d’abondance, seules les graines céréalières ”hibernaient” dans les coffres du Village du Monal.

Du premier recensement de 1561 aux premiers registres paroissiaux apparus fin XVIII siècle, nous ne trouvons aucun acte de naissances, mariages, décès en période hivernale, ce qui tendrait à prouver qu’il n’y a jamais eu d’habitat permanent jadis au Village du Monal. Ajoutons que depuis l’annexion de la Savoie en 1860, des actes se sont volatilisés, et des archives ont été brûlées sur la commune de Sainte-Foy Tarentaise.

Architecture et habitat du Village du Monal
Tous les matériaux servant à la construction des habitats du Village du Monal étaient pris sur place : le mélèze (bois dur et imputrescible) pour la menuiserie et la charpente, les pierres (quartzites, gneiss) pour les murs, la lauze (schiste) pour la couverture, la chaux grasse de gypse pour le crépi (fours). Généralement, la façade principale était orientée plein Sud, (chaleur et clarté), et au Nord, ou en amont, les granges.
Le rez-de-chaussée des habitats du Village du Monal était destiné aux animaux. À l’étage se trouvait une pièce habitable séparée avec la grange, où l’on stockait bois, foin, outils. Juste sous la toiture (“Tavaillon”) séchaient le foin vert, peaux etc.. Comme beaucoup de chalets de remue, chaque famille du village du Monal disposait d’une “Bouida”, une cave en patois. Cet igloo en pierre était traversé par l’eau, assurant ainsi une réfrigération et une conservation idéale des produits laitiers (beaufort, tomme, sérac, persillé, lait, beurre, présure etc..). Ces petits canaux ( “Rivettes”), entre les lacs (“Gouilles”) proviennent de la résurgence de lacs glaciaires situés en amont dans le vallon du Clou. Ils sont encore aidés par l’homme à l’automne, qui pioche les bords avec une “ Sappa” afin que l’eau ne stagne pas dans le site et donc dans les écuries des habitations du village du Monal. Ce geste séculaire permet aussi d’éviter un probable comblement des « lacs de pelouse ». En été, l’eau peut atteindre les 12°c.
Hommes et troupeaux du village du Monal inalpaient aux environs de la St-Jean, jusqu’à la St-Michel. Ils vivaient également de cultures céréalières. Froment, seigle, poussaient rapidement grâce à un climat chaud et sec l’été (trace d’orge à l’Echaillon fin XIX ). La pomme de terre, apparue dans la moitié du XVIII siècle, selon la mappe Sarde, deviendra l’aliment de base. La fenaison était engrangée en partie sous les toits et redescendu en charrette sur Ste-Foy, avec d’autres récoltes, en vue de l’hiver et ses longues veillées. On laissait le minimum, à cause du gel, et de l’eau qui circule sous les maisons (système de drains), pouvant engendrer une putrescence des aliments. En période d’abondance, seules les graines céréalières ”hibernaient” dans les coffres du Village du Monal.
Du premier recensement de 1561 aux premiers registres paroissiaux apparus fin XVIII siècle, nous ne trouvons aucun acte de naissances, mariages, décès en période hivernale, ce qui tendrait à prouver qu’il n’y a jamais eu d’habitat permanent jadis au Village du Monal. Ajoutons que depuis l’annexion de la Savoie en 1860, des actes se sont volatilisés, et des archives ont été brûlées sur la commune de Sainte-Foy Tarentaise.